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Action chômage dénonce l'abandon du projet pilote pour les travailleurs saisonniers 0

Par Charlotte Paquet

Action chômage Haute-Côte-Nord a réuni une centaine de personnes, lundi midi, devant les installations de la traverse de Tadoussac, pour dénoncer les effets dévastateurs du dernier budget Flaherty pour les travailleurs saisonniers de la région.

Des tracts ont été distribués aux gens en attente d'embarquer et sortant du traversier. «On leur a demandé d'appeler ou d'envoyer un courriel à la ministre Finley pour qu'elle se rende en région pour nous rencontrer», explique Line Sirois, porte-parole du regroupement, qui dit avoir l'appui des deux députés fédéraux, du député provincial et des Premières Nations.

Le maire de Tadoussac ainsi que des restaurateurs et gens d'affaires du coin ont participé à la manifestation. «Ce n'est pas juste les travailleurs, c'est l'industrie qui en est en train de se lever debout. C'est toute une région qui est en train de se lever debout», affirme Mme Sirois.

Trou noir prolongé

Le budget fédéral fera disparaître, à compter du 15 septembre, le projet pilote destiné à prolonger de cinq semaines la durée des prestations d'assurance-emploi aux travailleurs saisonniers de la région victimes du fameux trou noir. Cette expression image la période qui s'écoule entre la fin de la période de prestations des chômeurs et leur retour au travail pour la prochaine saison.

«C'est inacceptable. On perd le petit peu qu'on avait gagné. Les cinq semaines, c'était un besoin qui ne comblait pas tout à fait le trou noir, mais c'était ça au moins», raconte Mme Sirois. Ce projet-pilote permettait ainsi aux travailleurs saisonniers de recevoir 25 semaines de prestations plutôt que 20.

Deuxième coup dur

Déjà, en décembre dernier, Ottawa a mis fin aux mesures transitoires qui limitaient à 490 le nombre d'heures de travail nécessaires pour obtenir 25 semaines d'assurance-emploi.

Depuis, les gens doivent accumuler 560 heures pour avoir droit à la même durée de prestations, mais à compter de la mi-septembre, ce sera 20 semaines.

La période du trou noir passera ainsi de 11 à 16 semaines par année. «Il y a beaucoup de personnes qui vont tomber sur l'aide sociale, mais d'autres n'y auront pas droit parce qu'elles ont un conjoint qui travaille», souligne la porte-parole.

Action chômage Haute-Côte-Nord continue de réclamer un redécoupage des régions administratives de l'assurance-emploi de façon à ce que la Haute-Côte-Nord soit jumelée avec une région au profil économique similaire, comme la Gaspésie. Là-bas, précise Mme Sirois, les travailleurs ont besoin d'environ 420 à 450 heures pour s'assurer de 34 semaines de prestations.